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  CHAPITRE 1 LES DOCTRINES
1. Les doctrines philosophiques
2. La doctrine du « karma ».
3. Les doctrines du « nayavada » et du « syadvada ».
4. La doctrine de la voie de la libération.
5. Les doctrines éthiques.
CHAPITRE 2 PRÉCEPTES
1. La pratique de la religion.
  2. La valeur du contrôle de soi.
  3. La théorie du karma.
  4. La voie de la libération.
  5. Les règles de conduite.
  6. Les devoirs des ascètes.
  CHAPITRE 3 SON INFLUENCE

LES LEGS DE MAHAVIRA


CHAPITRE 1 LES DOCTRINES



 

3. Les doctrines du « nayavada » et du « syadvada ».

 

    Comme noté plus haut, suivant la philosophie jaïne, l’objet de connaissance est d’une complexité énorme, constitué de substances, de qualités et de modifications, s’étendant sur le passé, le présent et le futur, dans le temps et dans l’espace infini, sujet simultanément à l’origine, à la destruction et à la permanence. Un tel objet ne peut être compris totalement que dans l’omniscience, qui ne se manifeste pas dans le cas des êtres dans le monde, lesquels perçoivent avec leurs organes des sens. Mais, les sens sont des moyens indirects de connaissance et tout ce qu’ils comprennent est partiel, comme la perception proverbiale d’un éléphant par sept personnes aveugles, chacune touche seulement une partie de l’animal  et en conclut que celui-ci  est comme un rondin, un éventail, un mur, etc. L’homme ordinaire, par conséquent, ne peut pas s’élever au-dessus des limitations de ses sens, ainsi sa compréhension de la réalité est partielle et n’est vraie que d’un point de vue particulier, connu sous le nom de « naya ». Comme les « nayas » sont des façons d’exprimer les choses, il peut y en avoir un certain nombre, par lesquels la réalité peut être exprimée. Par exemple, lorsque différentes sortes d’ornements en or sont décrites du point de vue des modifications ou des modes de l’or, on parle de « paryayarthika naya » ou de « paryaya naya » i.e. du point de vue modal et lorsque les ornements en or sont décrits par rapport à la substance i.e. l’or, et à ses qualités propres, on parle de « dravyarthika naya » ou de « dravya naya » i.e. du point de vue substantiel. Sur le même plan, dans les débats spirituels, les choses peuvent être décrites du point de vue du sens commun ou pratique, on parle de «vyavahara naya » et aussi de « nishchaya naya » i.e. du point de vue réaliste. De cette façon, le système de description de la réalité de différents points de vue est connu sous le nom de « nayavada ».

 

    Ce n’est pas assez si divers problèmes concernant la réalité sont seulement compris de points de vue différents. Il faut que ce que l’on sait puisse être exprimé de façon exacte et correcte. Ce besoin se rencontre dans la doctrine du « syatvada » ou de l’ « anekantavada » i.e. du point de vue multiple. L’objet de connaissance est d’une énorme complexité, couvrant des modes infinis, l’esprit humain a une compréhension limitée et la parole humaine a ses imperfections pour exprimer tout le domaine de l’expérience. Dans ces conditions, toutes nos affirmations sont vraies de façon conditionnelle ou relative. Sur la base de l’ « anekantavada » ou du « syadvada », lorsque l’on décrit une chose, sept affirmations, qui semblent contradictoires,  peut être exprimées comme suit :

 

a)      « syad-asti » i.e. d’une certaine manière, c’est,

b)      « syad-nasti » i.e. d’une certaine manière, ce n’est pas,

c)      « syad-asti-nasti » i.e. d’une certaine manière, c’est et ce n’est pas,

d)      « syad-avaktavya » i.e. d’une certaine manière, c’est indescriptible,

e)      « syad-asti, avaktavya » i.e. d’une certaine manière, c’est et c’est indescriptible,

f)        « syat-nasti, avaktavya » i.e. d’une certaine manière, ce n’est pas et c’est indescriptible, et

g)      « syat-asti-nasti, avaktavya » i.e. d’une certaine manière, c’est et ce n’est pas et c’est indescriptible.

 

    Par exemple, un homme est le père, n’est pas le père, et est  les deux, sont des affirmations parfaitement intelligibles, si l’on comprend le point de vue à partir duquel elles sont exprimées. Par rapport à un garçon particulier, il est le père, par rapport à un autre, il n’est pas le père, par rapport aux deux pris ensemble, il est le père et il n’est pas le père. Comme les deux idées ne peuvent pas s’exprimer par des mots en même temps, il peut être appelé indescriptible, puisqu’il est le père et il n’est pas le père, ainsi de suite...

 

    Cette doctrine de l’ « anakantavada » n’est ni contradictoire en soi, ni vague ou indéfinie ; au contraire, elle représente une vue très sensée des choses, dans une forme systématisée.

 

    De plus, cette doctrine est aussi appelée doctrine du « sapta-bhangi » i.e. doctrine du prédicat septuple, parce que ces sept modes d’expressions possibles peuvent être employées en décrivant une chose.