LES LEGS DE MAHAVIRA
CHAPITRE
2 PRÉCEPTES
5. Les règles de conduite.
Ne faites du mal à aucun être vivant !
Tous les êtres vivants aiment leur propre vie, aspirent aux plaisirs et
sont opposés à toute souffrance ; ils n’aiment aucune violence envers eux
; tout le monde désire vivre et la vie est chère à tous les êtres vivants.
On doit traiter toutes les créatures comme des équivalents de son propre
Soi.
Voilà la quintessence de la sagesse des sages : ne faire du mal à aucun
être vivant. La non-violence envers les êtres vivants doit être considérée
comme le samaya i.e. l’essence de l’enseignement des écritures.
La non-violence est la religion suprême.
Si un homme tue des êtres vivants lui-même ou est la cause que d’autres
les tuent ou même s’il est simplement consentant à ce qu’ils soient tués,
il augmente son inimitié envers les êtres vivants.
Sachez et comprenez que toutes les catégories d’êtres vivants désirent le
bonheur. En tuant ces êtres, vous tuez vos propres âmes, et vous renaîtrez
encore et encore comme l’un d’eux.
L’impartialité ou l’équanimité envers tous les êtres vivants dans le
monde, qu’ils soient amis ou ennemis, et l’abstention toute la vie de
faire du mal aux êtres vivants, voila un vœu difficile à observer.
Le tout premier principe de la religion c’est l’ahimsa (la non-violence
aux êtres vivants). Il doit être observé très scrupuleusement et
parfaitement. On doit se conduire envers tous les êtres vivants avec la
maîtrise et le contrôle qui conviennent.
Sachant que tous les maux et les chagrins viennent de la violence aux
êtres vivants, sachant, en plus, que cela conduit à une inimitié et à une
haine sans fin, et que c’est la cause d’une grande peur, un homme sage,
qui est devenu éveillé, doit s’abstenir de toute activité malfaisante.
Ne tuez pas d’ êtres vivants d’aucune des trois façons (en pensée, en
parole ou en action). Si vous cherchez votre intérêt en étant sans désir
de fruit et en pratiquant un contrôle de soi complet, beaucoup sont
devenus parfaits de cette façon dans le passé, beaucoup le deviennent à
présent, et beaucoup le deviendront.
Toute violence, quelle qu’elle soit, aux vitalités matérielles ou
conscientes, causées par une activité passionnelle de la pensée, de la
parole ou du corps, est himsa.
Assurément, les non-apparitions de l’attachement et des autres passions
est ahimsa, et leur apparition est himsa.
La vérité est le principe divin suprême.
O homme ! Sache que la vérité est le principe fondamental ! L’homme sage,
qui reste toujours fidèle au commandement de la vérité, va au-delà de la
mort.
Toujours violent envers les êtres vivants, soit par égard pour lui ou pour
d’autres ou par colère ou par peur, il ne doit pas forcer aussi les autres
à dire un mensonge.
Un homme sage ne doit jamais dire des paroles coupables ou chercher à
excuser un péché, soit par colère, cupidité, peur ou plaisanterie.
L’himsa entre aussi, parfaitement, dans la tromperie.
Le troisième grand péché c’est de prendre ce qui n’est pas donné i. e. le
vol. Cela cause de la douleur aux autres, endommage la vie, est cause de
péché, d’alarme et de souci pour les autres. C’est la cause fondamentale
de la cupidité pour la propriété des autres et de l’avidité. C’est un acte
vil et ignoble, censuré par le bien. Il est cause de perturbation entre
amis et êtres chers et donne naissance aux passions et à la haine.
S’abstenir de prendre ce qui n’est pas donné, même un cure-dents, etc. et
n’accepter que des aumônes qui sont exemptes de toutes fautes, voila un
vœu difficile à observer.
La prise d’objets qui n’ont pas été donnés est jugée comme étant un vol et
c’est de l’himsa parce que c’est la cause d’une violence.
La chasteté est le meilleur de tous les vœux dans le monde.
La chasteté est la cause des austérités, des vœux, de la connaissance, de
la foi, de la conduite, de la rigueur et de la discipline, qui sont tous
excellents.
Parmi toutes les austérités, la chasteté est la plus grande.
Le manque de chasteté est la cause de tous les péchés et d’une multitude
de grandes fautes.
Un moine chaste doit éviter une femme, même si ses mains et ses pieds sont
coupés, ses oreilles et son nez sont tranchés, et bien qu’elle soit âgée
de cent ans.
L’activité sexuelle a pour cause le désir et donc c’est de l’himsa.
Renoncer à tout sens de possession concernant la richesse, le blé et les
serviteurs, s’abstenir de toute entreprise malfaisante et ne pas
entretenir de sentiment de possession ou d’attachement : c’est un vœu très
difficile.
Celui qui possède même une petite propriété de choses vivantes et non-vivantes
ou qui consent à ce que d’autres la possèdent ne sera jamais délivré de la
souffrance.
La propriété immobilière et mobilière, la richesse, le blé et autres
avantages, rien de cela n’est capable de délivrer un homme de la misère,
de la souffrance de la maturation de ses karmas.
Tout homme doit penser qu’il doit partir assurément un jour, laissant
derrière lui terre, maison, or, fils, femme et parents - en fait, en
laissant même son corps.
Si quelqu’un donnait la terre entière à un homme, cet homme ne serait même
pas satisfait. Une personne avide est extrêmement difficile à satisfaire.
Lisant que la richesse augmente seulement vos chagrins et vos tracas, et
que les liens de l’attachement ou de la possession apportent dans leur
sillage de grands dangers, vous devez porter l’excellent joug de la
religion, qui vous donnera un vrai plaisir, et qui vous apportera aussi le
grand bonheur du moksha.
Le renoncement à toutes les possessions est ahimsa et l’appropriation de
toutes les possessions est himsa.
La souffrance est absente, dans le cas d’un homme sans illusion, et
l’illusion est absente, dans le cas de celui qui n’a pas de désir. Le
désir est absent, dans le cas de celui qui n’a pas d’avidité, et l’avidité
est absente, dans le cas de celui qui ne possède rien.