SAMANA SUTTAM
(SHRAMANA SUTRA)
Quatrième Partie
LA THÉORIE JAÏNE DE LA RELATIVITÉ
41. Préceptes sur la réconciliation. (Samanvayasūtra)
(722) La (connaissance) qui révèle les multiples aspects des choses sous une
forme indirecte et qui est exempte de doute, etc. est désignée sous le nom de
connaissance scripturale.
(723) La (connaissance), qui rend possible les transactions des gens et qui
illumine la propriété désirée de la chose, est un naya qui est de la
sous-catégorie de la shrutajñāna et née d’un probans.
(724) Bien qu’une chose possède de si nombreuses propriétés, on s’y réfère
seulement par l’une d’elles, parce qu’à ce moment l’exposé seulement de cette
propriété est requise et non les autres.
725) La vue, qui accepte la relativité ou la dépendance mutuelle de ces
propriétés, est un cas de naya propre (sunaya), tandis que la vue qui ne le
fait pas est un cas de naya impropre (durnaya). Il est de règle que toutes les
transactions soient réussies lorsqu’elles sont basées sur un naya propre.
(726) Il y a autant de points de vue nombreux qu’il y a de modes d’expression.
Dans le cas où le mot « aussi » est employé, chaque déclaration ou expression
représente la position Jaïne. La même chose fournit une position contraire
quand le mot n’est pas employé. Assurément, la compréhension juste exige une
approche synthétique de tous les exposés sur la chose.
(727) Tout point de vue spécifique extrême, adopté par un opposant, doit être
contesté en indiquant le point de vue contraire. La même chose doit être notre
façon de procéder, dans le cas où une personne, suivant nos traditions
religieuses, adopterait, par une même compréhension erronée, un point de vue
extrême.
(728) Tous les points de vue (nayas) sont vrais par rapport à ce qu’ils ont
eux-mêmes à dire, mais ils sont faux lorsqu’ils refusent un point de vue
contraire. Quelqu’un, qui est bien versé dans les écritures, ne doit pas
diviser les points de vue (nayas) en vrais et en faux.
(729) Chaque point de vue absolu est indépendant d’un autre, ils ne peuvent
être unis et leur union ne favorise pas l’approche juste. Ils sont
indépendants l’un de l’autre comme les ennemis qui s’opposent
(730) Bien qu’un point de vue (naya) puisse en lui-même apparaître opposé à un
autre (naya), lorsqu’ils sont considérés mutuellement dépendants des autres,
ils peuvent favoriser la compréhension juste. C’est comme les serviteurs qui
agissent en harmonie, lorsqu’ils sont sous un contrôle commun, bien qu’ils
puissent être différents, lorsqu’ils sont séparés.
(731) Ceux, qui traitent une portion ou un aspect d’une chose comme sa
totalité, ont une compréhension incorrecte comme des aveugles qui traitaient
la partie d’un éléphant comme l’éléphant entier.
(732) Ceux, qui prennent ensemble tous les points de vue et ainsi saisissent
tous les aspects d’une chose, ont une compréhension correcte, exactement comme
ceux qui avec des yeux sont capables de saisir un éléphant comme un ensemble.
(733) Les propriétés des choses, capables d’être décrites sont une infinie
fois moindres que celles non capables d’être décrites, tandis que les
propriétés décrites dans les écritures sont une infinie de fois moindres que
celles qui sont descriptibles. ( En vue de tels problèmes, comment peut-on
dire que l’exposé d’une telle écriture ou d’une telle personne est absolument
vrai ?).
(734) Ceux, qui continuent à vanter leur propre vue en condamnant celles de
leur rival, font simplement une démonstration de leur savoir et sont
diversement dans l’emprise du cycle des transmigrations.
(735) Il y a différentes sortes de gens avec différentes sortes d’activités,
différentes sortes de capacités. Par conséquent, on doit abandonner les
querelles avec ceux de sa propre foi et aussi avec ceux des autres.
(736) Que gloire soit rendue au saint enseignement des Jinas qui est sous
forme de conglomérat de toutes les vues fausses ; qui possède un nectar et qui
est facile à comprendre par ceux qui sont désireux d’atteindre l’émancipation
!