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Préceptes sur la Théorie de la relativité et des sept  prédicats
Préceptes sur la Réconciliation ou la Synthèse
Préceptes sur l’Installation
Conclusion
Hymne à Mahavira

SAMANA  SUTTAM
(SHRAMANA  SUTRA)  
 

Quatrième Partie
LA THÉORIE JAÏNE DE LA RELATIVITÉ

39. Préceptes sur le point de vue. (Nayasūtra).

(690) L’activité de la pensée, qui ne saisit qu’un aspect d’un objet avec l’aide des écritures, est appelée « naya ». Celui qui possède cette connaissance est sage.
(691) De là, sans une (connaissance du) « naya » un homme ne peut pas avoir une connaissance du « syādvāda » (la doctrine de l’affirmation conditionnelle). Une connaissance du « naya » peut être obtenue par quelqu’un qui est désireux de détruire tous les extrêmes.
(692) De même qu’une personne irréligieuse désire atteindre le bonheur éternel sans pratiquer la religion ou une personne assoiffée étancher sa soif sans utiliser de l’eau, de même le fou désire déterminer la nature d’une substance sans avoir recours au « naya ».
(693) Tout le corpus des enseignements du Tīrthankara pris dans sa totalité et dans ses détails particuliers est expliqué à l’aide de deux points de vue (nayas) de base, : le point de vue substantiel (dravyārthikanaya) et le point de vue modal (paryāyārthikanaya). Les autres sont les dérivés de ces deux.
(694) Ce qui est dit du point de vue substantiel apparaît, en règle générale, irréel du point de vue modal. De même, ce qui est dit du point de vue modal apparaît irréel du point de vue substantiel.
(695) Du point de vue modal, les choses nécessairement apparaissent et périssent. Mais du point de vue substantiel, il n’y a ni apparition ni destruction.
(696) Du point de vue substantiel, tout est de la forme de la substance (qui reste toujours la même), mais du point de vue modal chaque chose est différente dans le temps. De chaque point de vue particulier, une chose apparaît dans sa forme correspondante.
(697) Le point de vue qui donne un statut secondaire aux modes, et qui saisit seulement la substance, est appelé le point de vue substantiel, tandis que son opposé est appelé le point de vue modal.
(698) Naigam, samgraha, vyavahāra, rijusūtra, shabda, samabhirūta et evambhūta sont les sept points de vue de base.
(699) Les trois premiers tombent dans la catégorie du point de vue substantiel, les quatre autres dans celle du point de vue modal. Parmi les sept, les quatre premiers donnent la préférence au sens, alors que les trois autres donnent la préférence au mot.
(700) Naigam naya traite des deux aspects d’une chose, c’est-à-dire aussi bien l’aspect générique que spécifique, suivant le cas, en vue de la connaître, il connaît la chose dans ses diverses formes.
(701) Naigam naya est de trois sortes, suivant les trois temps : le passé, le présent et le futur.
(702) Décrire que le travail « a été fait », lorsque c’est demandé, le moment où il a été commencé, est appelé vartamāna naigam naya, e.g. on dit que la nourriture a été cuite quand la cuisson a juste été commencée.
(703) Dire qu’un acte, qui sera réalisé dans le futur, a été effectué, bien qu’incomplètement, est un exemple de bhavisiya naigam naya e.g. quand une personne est sur le point de partir, nous disons « elle est partie ».
(704) Il y a deux sortes de samgrahnaya-shuddhasamgrahanaya et d’ ashuddhasamgrahanaya. Dans le shuddhasamgrahanaya, nous acceptons seulement une caractéristique courante de l’existence des choses, ignorant toutes les caractéristiques en conflit mutuel, alors que dans l’ ashuddhasamgrahanaya, nous acceptons la classe générique caractéristique des choses.
(705) Ce qui distingue l’approche synthétique pure et l’approche synthétique impure d’une chose est appelé vyavahāranaya. Ce vyavahāranaya est encore de deux sortes : la distinction complète et la distinction incomplète.
(706)Le naya, qui comprend les modes éphémères d’une substance éternelle, est appelé rijusūtra naya, par exemple « dire que tout le son est momentané ».
(707) D’un autre côté, le naya qui attribue un mode comme l’état d’homme, etc. à un être, durant toute la période au cours de laquelle il continue à manifester ce mode, est du sous-type du rijusūtranaya, appelé sthūlarijusūtrananya.
(708) Shapana i. e. « l’appellation », est un mot ou ce qui appelle est un mot ou ce par quoi un objet est qualifié est aussi un mot. On l’appelle « shabdanaya » parce qu’il saisit le sens du mot.
(709) Le naya qui différencie le sens des mots suivant leur usage, comme le genre, etc. dans une phrase, est appelé shabda naya, par exemple, le mot « pushya » dénote un « nakshatra » particulier, alors que le mot « pushya » dénote un « tārikā » particulier.
(710) Le naya, qui saisit le sens du mot suivant son étymologie, est aussi appelé « shabdanaya », par exemple, le mot « deva » signifie généralement dieu.
(711) Chaque mot est suivi par un sens particulier et vice-versa. Les différents mots synonymes ont leurs connotations respectives même s’ils se rapportent au même objet. Par exemple, les mots Indra, Purandar et Shakra signifient le même objet, bien qu’ils aient leur sens respectif. Cela s’appelle « samabhirūdhanaya ».
(712) Un mot s’applique seulement à un objet dans le cas où il correspond à la façon suggérée par le sens (étymologique) du mot, le dénotant, et non dans le cas où il ne va pas de cette manière. C’est ce qui est soutenu par le naya appelé « evambhūtanaya ». En conséquence, ce naya particulier colle au sens particulier du mot.
(713) Quel que soit l’acte qu’une personne exécute actuellement, par l’intermédiaire de sa pensée, de sa parole ou de son corps, un nom correspondant à cet acte est appliqué à cette personne, c’est ce qui est soutenu par le naya appelé « evambhūtanaya » (e.g. une personne est appelée enseignante seulement lorsqu’elle enseigne).