SAMANA SUTTAM
(SHRAMANA SUTRA)
Deuxième Partie
LA VOIE DE LA LIBÉRATION
27.Préceptes sur les devoirs obligatoires (Āvashyakasūtra)
(417) Celui qui contemple la nature pure de l’âme, après avoir renoncé à tous
les autres états de pensée, devient véritablement absorbé en lui-même ; cet
acte est appelé un (vrai) « devoir obligatoire »
(418) Le moine, qui ne pratique pas les devoirs obligatoires, déviera de (la
voie de) la conduite juste, il doit les observer suivant l’ordre établi.
(419) Celui qui pratique des actes comme le repentir (pratikramana), etc.
atteint la conduite juste vue du point de vue nishcaya-naya, assurément, du
fait de cela, un moine devient ferme dans une conduite dénuée d’attachement.
(420) Le repentir des actes mauvais passés (pratikramana), le renoncement aux
actes mauvais futurs (pratyākhyāna), le vœu de s’abstenir d’actes mauvais (niyama),
la confession des actes mauvais (alocanā), tout cela sont des formes
d’expressions verbales et ainsi constituent l’étude (svādhyāya).
(421) Celui qui a la capacité de pratiquer le repentir doit le faire par
contemplation : une personne qui n’a pas cette capacité doit avoir foi dans
son efficacité.
(422) Les six devoirs obligatoires sont : 1) l’équanimité (sāmāyika), 2) la
prière aux vingt-quatre Jinas (caturvimshatistava), 3) l’obéissance (vandana),
4) le repentir (pratikramana), 5) la fermeté corporelle de méditer sur l’âme (kāyotsarga)
et 6) le renoncement aux actes mauvais futurs (pratyākhyāna).
(423) Traiter comme égaux un brin d’herbe et de l’or, un ennemi et un ami,
avoir aussi un esprit dénué de tout attachement et être porté, de façon
prédominante, à agir comme il faut, c’est ce qui constitue le sāmāyika.
(424) Ayant renoncé à toute expression d’un mot et ayant réalisé un état
d’esprit dénué d’attachement, celui qui concentre sa pensée sur son soi
possède vraiment la sorte suprême de méditation (appelée : parama samādhi ou
sāmāyika)
(425) Celui qui s’abstient de tous les actes blâmables quels qu'ils soient,
qui pratique les trois contrôles (guptis), qui a ses organes des sens sous
contrôle est seul à posséder le sāmāyia ferme, c’est ce qui a été affirmé dans
la discipline prêchée par les omniscients.
(426) Celui qui traite comme ses égaux tous les êtres vivants, qu’ils soient
mobiles ou immobiles, est seul à posséder un sāmāyika ferme, c’est ce qui a
été affirmé dans la discipline prêchée par les omniscients.
(427) Evoquer les noms et parler dévotement des qualités vertueuses du grand
Jina Rishabha, etc. et leur porter également une vénération, c’est ce qui
constitue le stava (caturvimshatistava ou la louange des vingt-quatre
Tīrthankaras) pur d’une triple manière (i.e. par rapport aux états d’esprit, à
la parole et aux actes corporels).
(428) Un moine pratique la repentir si, rempli d’un sens de la censure et du
remords sur lui-même, il fait une recherche, avec son esprit, son expression
et son action, des fautes commises par lui par rapport à une substance, à un
lieu, au temps et aux modes.
(429)Si, après avoir confessé, blâmé et condamné une infraction commise par
lui, (un moine) prend la résolution de ne pas répéter cette infraction dans le
futur, c’est un vrai repentir de sa part, tout autre chose faite à ce sujet
constitue seulement un repentir formel.
(430) L’obéissance est de six sortes : 1) exprimer le désir du salut, 2)
obtenir la permission de son précepteur d’aller à un endroit déterminé par lui,
3) exprimer un désir d’accomplir des actes religieux, 4) aller en pèlerinage
avec un contrôle de soi total, 5) vaincre ses sens et 6) demander pardon pour
les fautes commises par erreur.
(431) L’humilité est un must ; elle chasse l’orgueil ; elle équivaut à la
vénération du précepteur et des Tīrthankaras et c’est l’obéissance aux
principes scripturaux.
(432) Un moine qui médite sur son âme, après avoir renoncé à l’attachement et
aux autres passions, qui s’abstient de parler d’eux, pratique le repentir dans
le vrai sens du terme.
(433) Un moine qui est absorbé dans la méditation renonce à toutes les fautes
; par conséquent, la méditation seule est le véritable repentir de toutes les
transgressions.
(434) Lors des pratiques religieuses quotidiennes, etc. le renoncement à
l’attachement à son corps au moment prescrit, pour la durée prescrite, et avec
la pensée concentrée sur les qualités vertueuses des Jinas, c’est ce qui
constitue le kāyotsarga (un état immobile du corps).
(435) Lorsque l’on fait le kāyotsarga, on doit faire face patiemment à tous
les obstacles qui pourraient être placés sur son chemin par un dieu, un homme,
un animal ou par la nature inanimée.
(436) Celui qui, ayant abandonné toutes sortes de bavardages et qui s’étant
détaché de toutes activités futures de la pensée, bonnes ou mauvaises, médite
sur son âme, pratique le renoncement aux actes mauvais futurs, c’est le
pratyākhyāna dans le vrai sens du terme.
(437) Celui qui n’abandonne jamais sa propre nature, qui n’en assume jamais
une autre, qui connaît et qui voit tout quoi que ce soit est T. Ainsi doit
être la méditation d’une personne intelligente.
(438) Quel que soit l’acte mauvais qui a été réalisé par moi, j’y renonce de
trois façons (i.e. en pensée, en parole et par le corps) et je fais le
sāmāyika sous une triple forme, sans aucune transgression.