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Préceptes sur la Théorie de la relativité et des sept  prédicats
Préceptes sur la Réconciliation ou la Synthèse
Préceptes sur l’Installation
Conclusion
Hymne à Mahavira

SAMANA  SUTTAM
(SHRAMANA  SUTRA)  
 

Deuxième Partie
LA VOIE DE LA LIBÉRATION

26.Préceptes sur l’attention et la contrôle de soi (Samiti-guptisūtra)

(A) Huit préceptes mères

(384) Les vigilances en marchant, en parlant, en mendiant les aumônes, en prenant et en posant les choses et en excrétant constituent les cinq samitis (les actes d’attention) ; les contrôles de la pensée, de la parole, du corps (i.e. les actions) constituent les trois guptis. Ensemble ils sont huit .
(385) Ces huit sont appelés pravacanamātā (préceptes mères). De même qu’une mère diligente protège son fils, de même ils protègent la connaissance juste, la foi juste et la conduite juste du moine.
(386) Les cinq sortes de vigilances (samitis) sont destinées à la pratique de la vie religieuse et les trois contrôles (guptis) à la prévention de tout ce qui est péché.
(387) De même que celui qui pratique le gupti n’est pas touché par les défauts qui relèvent du samiti, de même celui qui pratique le samiti n’a pas les défauts du gupti. Assurément, un gupti met fin à un acte de négligence de la part de celui qui s’engage dans une activité.
(388) La personne qui est sans attention dans ses activités est assurément coupable de violence que l’être vivant reste vivant ou meure ; d’un autre côté, la personne qui fait attention en observant les samitis n’acquiert pas d’asservissement karmique simplement parce qu’aucun meurtre n’a été commis en liaison avec ses activités.
(389-390) Un moine qui observe les samitis, i.e. qui est vigilant dans ses activités, peut commettre l’himsā (la violence) par omission ; dans ce cas, il y a seulement violence externe (dravya-himsā) et non interne. D’un autre côté, une personne négligente est coupable de violence interne (bhāva-himsā) même si aucune violence externe n’est causée par elle en tuant un être. Lorsqu’une blessure est causée par la négligence d’une personne, qu’elle soit ascète ou non, il y a les deux sortes de violences : externe (physique) et interne (mentale). Un moine ferme dans l’observance des samitis ne causera aucune violence à cause de la pureté de son âme ; il n’y aura ni violence externe ni violence interne.
(391-392) Si une toute petite créature vivante est accidentellement écrasée sous le pied d’un moine qui fait attention dans ses mouvements, les écritures déclarent qu’il n’attirera pas même le plus petit asservissement karmique (i.e. il n’est pas responsable de cette violence). De même que la possessivité consiste en un sens d’attachement, de même la violence consiste dans l’intention de tuer.
(393) De même qu’une feuille de lotus qui possède la propriété de douceur n’est pas touchée par l’eau ; de même un moine qui pratique les samitis n’est pas touché par l’asservissement karmique au cours de ses déplacements au milieu d’êtres vivants.
(394) L’attention (yatanā) est la mère de la religion ; c’est aussi la protectrice de la religion ; elle aide la croissance de la religion et elle apporte le bonheur parfait.
(395) Un moine qui se meut prudemment, se tient debout prudemment, s’asseoit prudemment, dort prudemment, mange prudemment et parle prudemment ne sera pas asservi par les mauvais karmas.

(B)Actes d’attention

(396)L’īryāsamiti consiste à marcher le long d’une voie fréquentée durant le jour, lorsqu’il est nécessaire de sortir pour un travail quelconque, en regardant devant soi à une distance de quatre cubits, et en évitant de tuer de petites créatures vivantes.
(397)Sans faire attention aux objets de plaisir sensuel et sans s’occuper des cinq sortes d’études, on doit marcher prudemment en s’absorbant dans la tâche de marcher et en donnant toute prééminence à la tâche de marcher.

Note : - Les quintuples méthodes d’étude sont : la lecture des textes sacrés (vācanā), le questionnement du maître (pricchanā), la révision en relisant (parāvartana), la réflexion sur ce que l’on a déjà étudié et appris (anuprekshā) et la lecture d’histoires illustratives (dharmakathā).

(398) De même, on ne doit pas marcher tout droit au milieu des êtres vivants de toutes sortes qui se sont rassemblés (sur la route) en vue de se nourrir, c’est ainsi que l’on doit faire pour se déplacer prudemment.
(399) Même si on le lui demande, un moine ne doit pas prononcer un mot blâmable, un mot insensé, un mot blessant, ni dans son intérêt, ni dans celui d’un autre ou des deux.
(400) Le moine ne doit pas employer des paroles dures ou dire des choses qui font du mal à d’autres êtres vivants ; même si c’est la vérité, parce que c’est un péché.
(401) De même, il ne doit pas appeler une personne borgne comme borgne, un eunuque comme eunuque, une personne malade comme malade ou un voleur comme voleur.
(402) L’attention en parlant (bhāshāsamiti) consiste à éviter la calomnie, le ridicule et les paroles blâmant les autres, la louange de soi ou des histoires incroyables. De telles paroles ne mènent ni au bien de soi ni à celui des autres.
(403) Un moine sage peut dire ce qu’il a vu ; sa parole doit être brève, exempte d’ambiguïté, clairement exprimée, exempte de papotages et incapable de causer de l’anxiété.
(404) Il est difficile de trouver des donneurs d’aumônes irréprochables ; il est plus difficile de trouver quelqu’un qui vit de mendicité irréprochable ; celui qui donne des aumônes sans faute et celui qui vit de mendicité sans faute, tous deux atteindront un état heureux dans la naissance suivante.
(405) Le moine, qui mendie un repas, un ustensile ou un lit d’une façon non viciée par les défauts appartenant à leurs sources, préparation et réception, pratique dans son vrai sens l’attention (samiti) concernant la mendicité des aumônes.
(406) Un moine ne doit pas s’alimenter pour sa force (physique), son goût, son amélioration corporelle ou son lustre, mais seulement pour l’acquisition de la connaissance, le contrôle de soi et la méditation.
(407 et 408) De même qu’une abeille boit à petits coups la sève des fleurs d’un arbre sans faire du mal aux fleurs, et s’en satisfait, de même dans ce monde les moines, qui observent comme il convient le code de conduite monastique et qui sont exempts de toutes possessions, doivent mendier leur repas et autres choses avec attention (des maîtres de maison, sans être un fardeau pour eux), comme les abeilles se procurent leur nourriture des fleurs.
(409) Un moine qui entretient dans son esprit l’idée d’avoir un repas violemment préparé agglutine des karmas, même s’il a vraiment un repas non violemment préparé. D’un autre côté, un moine qui cherche toujours un repas pur ( non violemment préparé) est pur (non blâmable) même si, par hasard, il a un repas violemment préparé.
(410) Si un moine pratique attentivement l’inspection visuelle requise et le nettoyage, en recevant ou en posant des choses, il pratique toujours le double samit concerné (i.e. le samit en recevant et en posant les choses).
(411) Un moine doit satisfaire ses besoins naturels dans un endroit isolé, sans insectes et sans herbe, caché, spacieux, exempt d’objection, c’est l’observance de l’utsarga samiti.

(C) Le contrôle de soi

(412) Un moine attentif doit empêcher son esprit d’avoir des mauvaises pensées (samrambha), une collection d’instruments qui font du mal aux autres (samārambha) et de faire des mauvaises actions (ārambha).
(413) Un moine attentif doit contrôler ses paroles aussitôt qu’il est enclin à la pensée d’une mauvaise expression, à des efforts pour une mauvaise expression et à une mauvaise expression.
(414) Un moine attentif doit mettre sous contrôle son corps aussitôt qu’il est enclin à un plan mental pour faire de la peine, pour quêter des instruments à d’autres pour faire de la peine aux autres et une action causant de la peine aux autres.
(415) Comme une clôture protège un terrain, un fossé ou un rempart protège une cité, de même les guptis (i.e. contrôles de la pensée, de la parole et du corps) protègent un moine des péchés.
(416) Un moine qui pratique ces huit préceptes-mères par une conduite juste est une personne sage qui sera libérée rapidement de tous les asservissements de l’existence ordinaire.